Groupe:

Vars Attacks

Date:

21 Septembre 2019

Lieu:

Vars

Chroniqueur:

JeanMichHell

Me revoilà, avec l'ami JC dont les photos accompagnent cet article, à trainer mes guêtres du côté de Vars, humble commune de Charente pour assister à la septième édition du Vars Attacks. C’est avec plaisir que je retrouve toute la petite équipe de motivé mené par Fred le président de l’association. J’avais conclu mon live report de l’édition 2018 par : « Le Vars Attacks aura été une belle soirée qui respire juste l’envie de se faire plaisir, simplement et humainement. » Eh bien je vous laisse aller faire un tour du côté de l’interview qui accompagne ce live report pour vous assurer que cela n’a pas bougé d’une oreille, et que l’accueil a été chaleureux. Il suffit également de regarder l’affiche pour être convaincu de l’ouverture d’esprit de ce festival puisque, tour à tour, vont enchainer Icy Rain qui propose du Metalcore, Infinityum de l’Epic Pagan Metal, Primal Age du Hardcore et pour conclure Dysmorphic, du death metal technique... Si ça, ce n’est pas éclectique.

Icy Rain :

C’est Icy Rain qui ouvre le bal. Le groupe a gagné, au mois de mars dernier, le tremplin organisé par l’association ce qui leur confère le droit de pouvoir venir botter des arrières trains en bonne et due forme. Et on peut dire que le groupe a réussi son pari. En effet, dès le premier hurlement d’Alex, on sent qu’il y a de la motivation au mètre carré.

La musique d’Icy Rain est présenté comme Metalcore, mais j’aurais tendance à l’écrire plutôt Metal – core. Déjà le groupe tord le cou aux poncifs pénibles du Metalcore actuel, ici pratiquement pas de chant clair, c’est frontal et ça fait du bien. A n’en pas douter, le groupe a une base hardore, certains riffs sont clairement inspirés de ce mouvement, mais il n’y a pas de mosh-part classique, ce type de riff est plutôt un appui à la puissance des compositions qu’un véritable ralentissement de rythme appuyé pour rendre le passage plus lourd. Ce sont d’ailleurs souvent les deux guitaristes, Baptiste et Johnny, qui posent ces parties-là.

Tandis que du côté de la section rythmique, le duo Yoahn à la batterie et Xavier à la basse tend plus du côté du Metal. La double pédale est très présente, en intensité et dans la durée. Pourtant une des réussites de la musique d’Icy Rain ce sont ses multiples changements de rythmes, ils évitent ainsi une forme de redondance parfois éprouvante dans les mouvements en « core ». Ce côté « bicéphale » de leur musique permet au bassiste de faire également étalage de ses talents, il propose des mélodies supplémentaires aux propositions des guitaristes, place quelques breaks dont il a le secret, et des slaps qui font perdurer la dynamique musicale. Le tout me faisant penser à Vision Of Disorder par instant.

Alex multiplie les coups de motivation pour que le public s'approche de la scène, il réagit de manière encore un peu timide mais la musique parle pour eux et ils réussissent à réveiller une salle assez discrète jusque-là. Ce qui fait preuve d’une prestation convaincante car le public aura réagi de manière très positive, et c’est totalement mérité.

Setlist d'Icy Rain :

Intro
Strait Jacket
World Zone
Never More
La Dernière
Allowing Death
Out Of Time
From Sin
Fight For Life
Burn Me Down

Infinityum :

Le second groupe de la soirée est Infinityum, groupe nantais qui aura fait le voyage pour nous proposer son Epic Pagan Metal à tendance symphonique. L’ambiance sur scène change assez radicalement, puisque le groupe dispose d’un énorme backdrop ainsi qu’un roll up à l’effigie du groupe, cela plante un décor. Lorsque le rideau se lève, au sens littéral du terme, on découvre non seulement la scène mais également un look qui accompagne cette mise en scène. L’affiliation viking est évidente puisque chaque membre du groupe possède un belle barbe, un costume identique tout en noir, kilt (attention au pied sur les retours messieurs…) et poignet de force compris. Une entrée visuellement réussie.

 

Musicalement, le groupe se rapproche d’Amon Amarth avec la voix du frontman Nicolas plus proche du scream que du grunt. Vous l’aurez donc compris c’est une forme de metal pagan sans le côté instruments en bois, cornemuses, instruments folkloriques, etc... Et à titre personnel, j’en suis ravi. D’autant que le groupe a une vraie capacité à mélanger les inspirations, les distributeurs de mélodies à six cordes que sont Damien et Alexandre aux guitares, peuvent enchainer des riffs venant aussi bien du Death que du Black. Le duo rythmique Jean à la batterie et Rémi à la basse fait le job et impose le côté épique des compositions du groupe.

Les chœurs assurés par le guitariste rythmique Alexandre, donnent une dimension supplémentaire à leur musique, limite plus aérienne. Mais ce qui enfonce le clou en terme d’effet aérien, c’est l’orchestration qui soutient les compositions, les claviers présents sans prendre le dessus sur les guitares (qui a dit Dimmu Borgir ?) sont placé juste comme il faut pour éviter la saturation.

Unfinityum aura proposé une prestation très intéressante, une forme d’équilibre entre différents courant des musiques extrêmes. Le public ne s’y est pas trompé et aura soutenu avec ferveur ce groupe qui sait éviter les clichés du genre tout en ayant une identité forte.

Setlist d'Infinityum :

Alliance (intro)
Dirge Of The Night (cut version)
Fangs Claws And Horns
Between Sky And Sea
Spirits Of The Forest
Live To Fight
Holy Warrior
The Journey (interlude cut version)
Brothers Of Drink
Darkest Era

Primal Age :

Primal Age investit la scène, et investir ce n’est pas un vain mot puisque que le quintet va faire une démonstration de furie pendant la petite heure qui leur est dévolue. Ce quintet originaire d’Evreux officie depuis 1993, dans un mix entre hardcore principalement, mais fortement teinté de Metal, et même si ce terme générique ne veut plus forcément dire grand-chose, la conclusion de ce show devrait être assez parlante. Ce show s’inscrit dans une tournée anniversaire qui (re)met en lumière l’EP par lequel tout a commencé pour le groupe, The Light To Purify.

La chose qui frappe d’entrée concernant ce groupe c’est le dynamisme débordant dont ils font preuve tout au long du set, malgré… ben malgré le fait que le groupe fête les vingt ans d’existence de leur premier méfait. Rien que Didier, hurleur en chef, il n’arrête jamais. Il two-steppe ou slamme dans le public, et maintenant que l’animal est sorti de sa cage, il ne relâche pas ses efforts pour donner un grand coup de pied au cul du public, qui le lui rend bien en enchainant circle pit et wind-mill. Mais les autres membres ne sont pas en reste, rien que le bassiste Dimitri est intenable, entre la puissance de ses chœurs et son irrésistible envie de distribuer des kick moshing, c’est une démonstration d’énergie à l’état brut.



Mais malgré toute cette culture hardcore, la musique du groupe ne se cantonne pas à enchainer riff rapides et mosh-part, loin de là. Les guitaristes Benoit et Florian peuvent aussi bien passer d’un riffing hardcore assez classique, à des riffs plus thrash, à la limite du death par instant. Toki derrière ses fûts est impressionnant de puissance, il transpire très vite car techniquement il est proche d’un Igor Cavalera et cogne comme une mule sa batterie, ce qui rajoute à l’effet de lourdeur du groupe. Mais ce qui rajoute réellement aux compositions, c’est le groove que le groupe arrive à disséminer, à saupoudrer au fil de ses compositions, couplé à la voix de Didier qui s’approche de celle de Randy Blythe... Eh bien le parallèle avec Lamb Of God n’est pas si délirant que cela.

Pour conclure cette fin de set, le groupe rappelle ce qui les anime, la défense de la cause animale. Je vous renvoie vers l’interview qui complète ce live report afin d’en savoir plus. Et histoire de bien affirmer son affiliation à la scène metal, le quintet se fend d’un medley de Slayer, nommé To Jeff, si ça ce n’est pas la classe !

 


Et puis comme je vous l’ai déjà dit, à Vars on sait recevoir. Et comme aujourd’hui c’est jour d’anniversaire, Fred sort le gâteau avec des bougies étincelles, devant un groupe médusé par cette intention. Le public reprend la chanson adapté à cette occasion. C’est sur des remerciements chaleureux que le groupe quitte la scène, même si le public en aurait bien écouté une petite dernière…


Setlist de Primal Age :

Innocence
A Silent Wound
Reflexion
A Fire Consumes My Heart
Morning
Who
Blinded by Cruelty
To Jeff (Slayer medley)
 
          
Dysmorphic :


Ce sont les Tourangeaux de Dysmorphic qui concluent cette bien belle soirée. Ce groupe de Death technique sera la petite sucrerie de fin de festival de Fred, qui n’en ratera pas une miette. Il faut dire que ce quintet ne fait pas dans la dentelle, enfin quoique, les mesures vont se faire découper tout au long de leur set avec une précision diabolique.

 


Lorsque le show commence, les musiciens sont de dos (enfin sauf le batteur hein…) et dès les premiers accords, ils se retournent, et il est clair que ça va poutrer sévèrement. Ce sera une véritable démonstration de furie et de technicité, totalement dans la veine du Death technique et brutal actuelle, rien ne repoussera après le passage du groupe. Un groupe qui est irréprochable dans son exécution et enchaine riffs hyper speed, passages ravageurs, ou encore solo dissonants, je pense aussi bien à Suffocation qu’à Necrophagist.

Mais le groupe ne se cantonne pas à cette formule, en proposant des passages plus directs, à la limite du grind. Dysmorphic est également capable de rajouter certains passages plus prog et c’est peut-être là qu’ils sont les plus intéressants. Ben oui, Il faut savoir apprécier les caresses pour savoir apprécier les fessées. Ce contraste maitrisé donne une dimension à leur musique que je trouve plus ambitieuse que le tout à fond, qu’ils exécutent à merveille, mais qui a tout de même des limites.

 

Visuellement, Florian, le chanteur, vit littéralement ses paroles, on sent qu’il y met son cœur et son âme. Il y a un vrai contraste entre les deux guitaristes, François avec son faux air de Bill Steer aussi bien physiquement que dans sa manière de bouger, qui vit totalement sa musique, tandis qu'Eric est concentré sur son instrument, on le serait à moins… Quant au duo rythmique, vous dire que Danny est impressionnant derrière sa batterie est un doux euphémisme. Et Johann le bassiste sait rajouter quelques breaks à contre-temps qui donnent du contraste aux compositions. L’ensemble est assez uniforme, même si il est impossible de se jeter partout lorsque l’on propose ce genre musical.

   

Le public restera assez studieux pendant cette prestation. Ce qui est assez logique puisqu’il est délicat d’appréhender une musique aussi intense en live. Toutefois, les réactions sont positives et les personnes rodées à ce genre musical ne peuvent qu’admirer la prestation.

Setlist de Dysmorphic :

Penitentiary of let down
My clay
A notion of causality
In the minds of the sculptor
Bathos
Seven steps
Suffer by our ancestors
Through the eyes of madness
The diving mask
Element (rappel)
 
   
 
Ce septième Vars Attacks se conclut sur cette dernière prestation haute en couleur, le public, le staff, tout le monde arbore un grand sourire. Le numéro huit est déjà sur les rails, ce qui est en soit déjà une bonne nouvelle.

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