Artiste/Groupe:

3Teeth

CD:

Metawar

Date de sortie:

Juillet 2019

Label:

Century Media Records

Style:

Metal Indus

Chroniqueur:

dominique

Note:

15/20

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À la frontière de leurs sources metal indus et du nu metal, le troisième album de 3Teeth ne devrait pas vous laisser indifférents. Pour le meilleur ou pour le pire, qui sait, mais Metawar aura certainement son impact. Violent, plus rapide, plus agressif que ses prédécesseurs, il va vous en mettre plein les oreilles et la gueule si vous sous aventurez à regarder les vidéos. Voix distordues, basse lourde, incrustations sonores explicites, l’album ne fait pas ou alors seulement très peu de concessions à l’auditeur lambda. La lourdeur du son est parfaitement mise en valeur par la courte durée des titres. Le groupe nous avais laissés en 2017 avec un second album qui avait dans l’ensemble été bien reçu par la critique et qui leur avait permis de faire l’ouverture de Rammstein sur certains concerts produits sur le sol US. Il a appris de ses collègues allemands et revient dans une catégorie supérieure.

Si ce second album restait, selon moi, un peu en retrait, bien calé dans ses chaussons indus, Metawar remplace lesdits chaussons par des Docs et part au front mettre la pâtée aux opposants du President X ! Mais il ne faut toutefois pas trop se laisser influencer par le premier tiers de l’album. Ce Metawar est dégressif et va permettre finalement à 3Teeth de retrouver, sur la fin, ses vieux chaussons. Oui, car si l’album débute avec un indus-nu agressif, il va se terminer sur du rock-indus très soft ; une sorte d’écartèlement entre Korn, Marilyn Manson, Nine Inch Nails et Depeche Mode.

La première partie, la plus enthousiasmante, va de Affluenza à Altaer, ce dernier titre faisant la transition avec ce qui va suivre. Si l’intro Hypertension n’apporte pas grand-chose à l’album, elle a l’avantage d’annoncer, autant par son nom que par ses sons et les plus audibles des incrustations sonores, les dix-huit minutes qui vont suivre. C’est l’état de guerre. La batterie de Justin Hanson, la basse d'Andrew Means et la guitare de Chase Brawner prennent plus de place que les synthés de Xavier Swafford. L'electro, sans se mettre totalement en sourdine, se focalise principalement sur la voix de Alexis Mincolla et sur quelques gimmicks. Le son est lourd (Affluenza), les images violentes (Exxxit), le ton et le rythme martiaux sur American Landfill et sur President X. La voix de Mincolla a elle aussi son importance. Criées plus que chantées, les paroles apportent leur contribution pour rendre l’atmosphère encore un peu plus pesante. Associée à la rythmique globale, cette approche fait de American Landfill et de President X des titres Kornesques.

Altear agit comme un premier axe de rotation dans le disque. Si le son reste lourd et les guitares très présentes, la rythmique ralentit et nous rapproche des anciens albums de 3Teeth. La double ligne vocale apporte un truc intéressant et l’électronique reprend progressivement une place prépondérente. L’ouverture lourde de Time Slave pourrait faire croire que l’album va se poursuivre sur sa veine initiale ; cependant,les lignes mélodiques plus “légères” indiquent que l’album est entré dans une seconde phase. Celle-ci va s’étendre jusqu'à Sell Your Face 2.0. Le son se fait plus indus, beaucoup plus proche de ce à quoi 3Teeth nous a habitués. Les références à Marilyn Manson, Nine Inch Nails ou Rammstein sont plus visibles. Le rythme presque doom et les synthés très présents facilitent l’adoption par l'auditeur. Tout ceci ne dure pas. Progressivement et par touche, comme dans Surrender, des parties plus mélodiques annoncent les premiers signes de l'évolution à venir pour la fin de Metawar.

Cette déclinaison finale se présente d’ailleurs avec Blackout. Comme le dit l’incrustation sonore d'ouverture, ça annonce une évacuation imminente vers la sortie. Les trois derniers titres de l’album orientent en effet celui-ci vers quelque chose de différent, plus rock. Même si ce chapitre est plus le court des trois que compte Metawar, son impact est loin dêtre négligeable. En arrivant à la fin, l’impression laissée sur le trio Blackout, The Fall et Pumped Up Kicks (emprunté au groupe ado-pop américain Foster The People) fait partiellement oublier le style de l’ouverture de Metawar. Une construction aussi intéressante que périlleuse, surtout si l’on veut laisser une image de groupe chargé en testostérone. Pour ma part, je la trouve plutôt positive car cette fin, qui sonne un peu Depeche Mode, facilite grandement la digestion globale de l’album et donc une réécoute régulière.

Metawar reste donc un assez bon album, sans pour autant avoir une chance de se faire décerner le titre d'album de la décennie. 3Teeth poursuit son développement et affirme ses compétences techniques grâce à un élargissement de son champ d’action. Tout comme leur cousin allemand de Rammstein, c'est un package complet son-image-message que les Californiens de LA proposent. Reste toutefois à savoir si cela sera suffisant pour encore progresser. 

 

Tracklist de Metawar:

01. Hyperstition 
02. Affluenza 
03. Exxxit 
04. American Landfill 
05. President X 
06. Altaer 
07. Time Slave 
08. Bornless 
09. Surrender
10. Sell Your Face 2.0 
11. Blackout 
12. The Fall 
13. Pumped Up Kicks

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