Artiste/Groupe:

Flub

CD:

Flub

Date de sortie:

Juin 2019

Label:

The Artisan Era

Style:

Death technique

Chroniqueur:

JeanMichHell

Note:

12/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

2018 aura été une année riche en surprise concernant le Death Metal technique, il suffit de prendre les albums de Gorod Aethra, Rivers Of Nihil Where Owls Know My Name ou encore Exocrine Molten Giant, trois exemples de « coup de cœur de notre rédaction » pour être convaincu que l’année passée a été fournie en production de qualité. Les suivants ont donc du pain sur la planche…

Le groupe est un digne représentant du Death Metal Progressif et Technique. Ses premiers méfaits, quelques EP et démos, ouvrent la voie à ce premier album éponyme. Le groupe se compose de membres, loin d’être des anonymes, qui vont certainement vous parler. Tout d’abord le chanteur d'Alterbeast, Michael Alvarez, Eloy Montes ancien guitariste de Vale of Pnath, Jared Klein batteur de Rivers of Nihil et de Matthew Mud à la basse.


Les premiers instants de Last Breath posent le décor, le niveau technique des musiciens est tout bonnement hallucinant et ce sera une constante sur l’album. Exit les structures binaires, ici on propose de la rythmique de haute volée accompagnée de descentes de gammes, de blast et de double pédale en pagaille, de leads dévastateurs, le tout avec une manière de composer à se tordre le cerveau. Ce titre d’ouverture est d’ailleurs un des plus intéressants de l’album.

Pour paraphraser Aznavour (qui n’était pas du tout amateur de Death), et pourtant, pourtant, si on en vient à l’essence même de la musique comme vecteur d’émotion, eh bien il ne se passe pas grand-chose.

Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord le chant. Sans être un fervent défenseur du « tout growl », élément indispensable du genre nous sommes d’accord, je trouve que Mickael Alvarez en fait des caisses. Son scream anarchique, omniprésent, est usant dans la durée. Il me fait penser à l’album Succube des Toulousains de Manimal, qui lui aussi souffrait de trop de chant. Autant ses parties growl, de fait plus discrètes, sont pertinentes, autant il devrait être également plus discret par instant et savoir laisser la part belle aux musiciens.



Autre défaut majeur de cette galette, c’est son manque d’efficacité, un comble lorsque l’on possède un tel niveau technique. D’autant plus que la production est de très bonnes facture et fait le job pour mettre en avant les musiciens. Mais il manque une étincelle, je ne retiens pas de morceau en particulier et me sens obligé de tendre l’oreille pour être dans une écoute active, je n’y vais pas avec spontanéité.

La clé de la réussite aurait pu se trouver du côté des mélanges proposés par le groupe. Je pense aux quelques passages proches des sonorités cubaines, afro-espagnoles ; c’est l’intégration de ces éléments qui donnent finalement une identité au groupe, une âme. Les compositions s’en retrouvent plus aérés, voire même apportent une forme de fantaisie à des compositions parfois en manque de souffle.

Malheureusement un CV ne suffit pas toujours à trouver le bon cheval et, sans être fondamentalement mauvais, cette galette est décevante à la lumière du niveau technique des musiciens. On le sait, créativité ne rime pas avec technicité mais il se dégage un sentiment de frustration à l’écoute de ce Flub qui a clairement les atouts pour proposer des compositions d’un tout autre niveau.


Tracklist de Flub:

01. Last Breath
02. Blossom
03. Umbra Mortis
04. Dream
05. Rise From Your Grave
06. Rebirth
07. Wild Smoke

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !