Artiste/Groupe:

Striker

CD:

Play To Win

Date de sortie:

Octobre 2018

Label:

Record Breaking Records

Style:

Heavy Metal / Hard Rock

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

13.5/20

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Dans la série "chro qui a neuf mois de retard", je vous propose aujourd'hui Play To Win de Striker, petit groupe canadien que j'aime bien et suis avec une certaine attention depuis son deuxième album, le rafraichissant Armed To The Teeth. Quoi de neuf avec ce sixième opus ? L'artwork semble vouloir nous mettre sur la voie. Le cinquième album portant simplement le patronyme du combo était déjà l'occasion de se rendre compte que Striker avait injecté des touches de hard rock dans son heavy/speed metal (teinté de thrash) traditionnel. Depuis Stand In The Fire (quatrième production des Canadiens et début d'une nouvelle aventure sans label pour les soutenir), on sent bien que le groupe a pris la direction d'un metal de plus en plus mélodique. Revenons donc à la pochette de Play To Win et à ce qu'elle semble annoncer : des couleurs bien flashy, un visuel audacieux (personnellement, je préfère l'adjectif "ignoble" mais chacun ses goûts)... on ne sort donc pas des années 80 mais on va vers quelque chose de plus léger, mélodique, synthétique aussi... Une évolution à la Judas Priest avec son Turbo, peut-être ? Sans que ce soit tout à fait cela, oui, on est sur la bonne piste... cela se confirme assez vite avec les premières compos de cette nouvelle offrande.  

Les première secondes de Heart Of Lies offrent un son bien costaud et moderne, la guitare et la section rythmique sont robustes, on n'a pas du tout la sensation, à ce moment-là, que Striker a laissé tomber le heavy metal. Cependant, le tempo ralentit un peu sur le couplet, un lead de guitare très mélodique fait vite son apparition, un petit synthé (discret) se fait entendre sur le refrain... ça reste entraînant et puissant mais on perçoit une légère évolution. Avec Position Of Power et Head First, le doute n'est plus permis, les Canadiens ont accentué l'aspect mélodique de leurs compos, avec de gros refrains fédérateurs (et très accrocheurs, surtout celui de Head First), le tempo est mid... on est nettement plus sur du heavy rock que sur du speed metal. En tout cas, c'est bien fichu et fun. Certains auraient sans doute préféré que Striker montre un peu plus les dents mais en termes de composition / production / efficacité, ce démarrage d'album ne me pose aucun souci. 

La qualité et le fun entrevus sur ces premières chansons perdurent sur toute la bonne première moitié de Play To Win. On The Run et The Front persistent et signent... Striker explore un style qui n'est pas sans rappeler une certaine forme de Hard US ou des groupes scandinaves comme Europe (celui des 80s) sur le refrain de On The Run notamment. The Front se rapproche même de l'AOR... mais les guitares ne sont pas en retrait, le groupe n'a pas abandonné toute fougue, le son reste puissant, une charpente heavy soutient la composition. La mue de Striker, qui ne plaira pas forcément à tout le monde, semble réussie (je me souviens de quelques compos très énergiques, sur City Of Gold ou Stand In The Fire, qui peinaient à marquer les esprits tant l'accroche mélodique était perfectible... pas de ça ici, évidemment). Si ce disque tenait comme cela jusqu'au bout, j'applaudirais presque. 

Cependant, la deuxième moitié de Play To Win laisse apparaître quelques bémols. Avec la chanson titre, en sixième position dans la tracklist, ça va encore et reste dans la lignée de ce qui a été proposé avant (malgré des "oh oh oh oooohhh" un peu "too much" sur le refrain). Mais quand Standing Alone, plus proche de la ballade, avec des synthés discutables, arrive... ça le fait déjà moins (à mon sens). Un peu plus loin, puisqu'il s'agit de la dernière piste, Hands Of Time va trop loin dans la gentillesse et propose un couplet trop pop pour être honnête ainsi qu'un refrain pas spécialement mémorable. Pas une conclusion idéale pour un tel album, je trouve. Heureusement qu'avant cette chanson, on aura eu le droit à deux titres de meilleure facture : Summoner (bien plus heavy mais perfectible tout de même car sa ligne de chant est trop monotone) et, surtout, Heavy Is The Heart qui remet la mélodie inspirée à l'ordre du jour. 

Verdict : une transformation risquée (ça me rappelle d'ailleurs le dernier Enforcer qui a lui aussi délaissé le heavy/speed des débuts... mais là, on reconnaîtra sans mal que Striker s'en sort mieux), une première moitié d'album inspirée, une seconde avec des moments sympas mais globament plus inégale... Striker évolue, tente de nouvelles choses, a encore du mal à proposer une copie totalement convaincante mais me fait tout de même passer un assez bon moment en sa compagnie. Un disque plutôt fun et qui va bien avec l'arrivée de l'été (je me vois bien le mettre dans la voiture en parcourant, les fenêtres baissées, les rues de Miami... ou de Montpellier, c'est pareil)... même s'il est sorti en octobre dernier. 

Tracklist de Play To Win :

01. Heart Of Lies
02. Position Of Power
03. Head First
04. On The Run
05. The Front
06. Play To Win
07. Standing Alone
08. Summoner
09. Heavy Is The Heart
10. Hands Of Time

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